En approche de Salvador

Bonjour

Cette longue descente vers Salvador dans la molle est aussi palpitante que de regarder l’herbe pousser.

Remarque, ce n’est pas si désagréable de regarder l’herbe pousser, la vie moderne ne laisse pas beaucoup de temps à la contemplation et nous vivons donc des moments privilégiés.

En plus, étant donné l’instabilité du vent, c’est plutôt une contemplation active, entre réglages quasi incessants et changements de voiles. Pas de la contemplation assis en tailleur sur le pont.
de toutes façons, vu le cagna, nous ne tarderions pas à prendre un coup de bambou sévère sur la tronche, même avec un bon chapeau.

Mais un peu de place à la méditation dans un cadre grandiose ne fait pas de mal.

Difficile dans ces conditions de donner une heure d’arrivée précise, mais c’est un peu le charme de la navigation à la Voile et comme dirait à peu de choses près le poête saltimbanque Renaud « quand le vent souflera nous arriverons ».

Pour l’instant nous croisons juste les doigts pour que le peu de brisouillette que nous avons en ce moment ne nous lâche pas d’ici l’arrivée. Mais ce n’est pas tout à fait gagné. L’espoir fait vivre. Et puis nous ne sommes plus à quelques heures près. Bien au contraire, nous ne sommes pas si pressés que ça que ça se termine.
Nous ne sommes pas non plus dévorés d’inquiétude sur le fait que  ceux qui sont arrivés avant nous viennent à bout des stocks de caïpirinhas, de bière ou de café du Brésil, il y en a parait-il en masse, et aussi il y a pas mal de sportifs de haut niveau parmi nos prédescessuers, et ces gens là ne font pas d’excès… théoriquement.

Quand à l’Organisation, c’est bien connu ils sont très sobres. La seule inquiétude pourrait venir éventuellemnt des journalistes, mais ils ne doivent pas être très nombreux et peut-être même qu’une bonne partie est rentrée vers l’Europe, où une actualité certainement palpitante les attend. Donc tout va bien sur Campagne de France.

Pour l’instant pas encore trop d’embarcations autour de nous. Il faut dire que nous sommes un peu loin de la côte, mais apparemmment le vent ne veut pas que l’on y aille. Normal, généralement une fois passé Fernando De Noronha, les étraves ont plutôt envie d’aller vers le Sud, vers Capetown ou vers les lattitudes australes, que d’aller voir les plages de la côte brésilienne. En tous cas,
ce doit être la cas pour Campagne de France, vénérable ancètre, qui attaquera son sixième tour du Monde, avec Miranda cette fois, à l’occasion du prochain Vendée Globe.

En attendant ça mollit pendant que j’écris, donc je retourne vite fait sur le pont pour dire au vent de rester encore un peu, nous avons encore besoin de lui et ce n’est pas le moment qu’il aille
voir ailleurs.

A plus tard

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