Bonjour Brésil

Campagne de France navigue depuis le milieu de la nuit dernière au large des côtes Brésiliennes. Miranda et Halvard croisent ce matin devant Recifé, à un peu plus de 400 miles de l’arrivée à Salvador de Bahia qu’ils pourraient rejoindre, sur leur vitesse actuelle, demain mercredi après midi.

Dans un alizé modéré, Campagne de France trace un sillage toujours aussi rectiligne depuis sa sortie du pot au Noir. Il a porté son avance sur les quatre voiliers non foilers qui le suivent à plus de 250 milles, preuve que le duo de skippers de la marque des Maitres Laitiers tient parfaitement son rang. Amusant détail, Halvard Mabire, Président de la Class40, que Campagne de France a animé durant 7 années, ouvre actuellement la route des 27 voiliers en course dans cette Transat Jacques Vabre.  Ces monocoques de 12,18 connaissent une évolution technologique mesurée, mais qui se traduit sur l’eau par des performances remarquables, égales, voire supérieures à celles des bateaux de la génération de Campagne de France. Crédit Mutuel, au duo Lipinski-Hardy, a ainsi, la semaine dernière, signé une journée record à 416 milles parcourus en 24 heures, un « chrono » tout à fait digne des voiliers Imoca non pourvus de foils encore en course. Nul doute que dans un coin de sa tête, Halvard trouverait grand plaisir à accueillir les sociétaires de la classe qu’il préside à Bahia. Reste à franchir ce dernier tronçon de la course, au plus près des rivages et des senteurs du Brésil. Gare au trafic maritime qui s’intensifie dans ces parages, et aux caprices du vent soumis aux influences terrestres.

 

Le mot de Miranda :

Réglage des voiles avec éclairage lunaire.

« Vu que nous ne sommes que deux à bord, il n’y a pas de système de quart fixe. Cela dépend des conditions, des décisions tactique à prendre, des changements de voile, des réparations etc. Si les conditions sont bonnes, la personne qui n’est pas de quart peut enlever ses cirés et bottes et se mettre dans un sac de couchage. Quand c’est chaud, il faut rester habillé, prêt à intervenir sur

le pont à tout moment. Nous essayons de ne pas nous mettre tous les deux dans le rouge en même temps.

Il n’y a pas non plus des horaires fixes de repas. On mange directement dans le sachet, donc que les cuillères à laver. Nous faisons de l’eau pour boire/ rehydrater la nourriture et pour nous

laver. Il n’y a ni lessive, ni courses à faire. Pas de mails terrestres ni de téléphone portable. Pas d’internet. Pas de toilette à nettoyer – il n’y en a pas.

Nous essayons de garder l’intérieur propre, et la mer – et de temps en temps la pluie – s’occupe du reste.

Donc, même si la course au large peut être désagréable, froide, mouillée, même dangereuse et faire très peur par moments, les nuits comme celle-ci (des millions d’étoiles, personne à part nous sur

l’océan), c’est vraiment un privilège.

Miranda/ Campagne de France

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