Heureux qui comme…

M&H BW

Heureux qui comme…

…Halvard Mabire et Miranda Merron vont faire un beau voyage ; le duo, à la ville comme en mer, du Class40 Campagne de France attend sans impatience palpable, dans la sérénité qui sied aux grands bourlingueurs d’océans, le départ d’une nouvelle Transat Jacques Vabre à écrire dans le grand livre des aventures maritimes ouvert par Halvard voici déjà plus de 40 ans. Et curieusement, Salvador de Bahia et le Brésil ne figurent pas au registre des souvenirs du marin de Barneville-Carteret. « Cette transat revêt donc une saveur particulière pour moi » avoue-t’il. « Je pars pour découvrir, à défaut d’un nouveau parcours, une nouvelle destination. On oublie souvent que la voile, avant de devenir un support sportif, était un moyen de relier les hommes… »

9ème en 2013…

« Je garde le souvenir d’un affreux pot au noir lors de notre précédente Transat Jacques Vabre, disputée en 2013 à bord de notre ancien Campagne de France (N°101). Nous avions terminé 9ème, après près de 23 jours de navigation pour rejoindre Itajai, au sud du Brésil. » se remémore Miranda. « Cette traversée de la Zone de Convergence Intertropicale avait véritablement décidé de l’issue de la course. C’est là que Yannick Bestaven avait creusé un écart définitif. Nous avions aussi déchiré une importante voile d’avant, qui nous avait complètement pénalisé sur le dernier tiers du parcours. »

Une Class40 très ouverte

Une course assez frustrante au demeurant ; « Nous avions plutôt l’habitude de suivre ce parcours jusqu’à Cape Town lors des tours du monde » renchérit Halvard. « En 2013, il avait fallu interrompre notre course poursuite en baie de Rio. Cette course n’est jamais écrite à l’avance. Le pot au noir mais aussi la nature des alizés Cap Verdiens puis de sud est, décide de l’issue de la course en fonction de leur force et de leur orientation. En 2013, ces vents portants favorisaient les voiliers performants aux allures travers au vent, en soufflant de manière plutôt tonique. Mais rien ne dit que ce sont là les types de conditions que nous trouverons cette année. La course demeure donc ouverte, avec à mon sens pas loin de 10 bateaux en mesure de l’emporter. »

« J’ai passé l’âge d’avoir de l’appréhension au départ. » sourit Halvard. « Nous avons effectué plus de 20 000 milles avec notre bateau, et nous sommes en pleine confiance avec ce nouveau Campagne de France très polyvalent. Les décisions en Class40 se font dans la capacité des marins à pousser très loin les bateaux, à tirer très fort sur leurs machines, au détriment parfois du plus élémentaire sens marin. Il n’est pas toujours agréable de faire souffrir longtemps nos bateaux. La victoire est pourtant à ce prix dans notre classe. La nouvelle génération de coureurs a le pied lourd (Rires!) »

La force d’un couple… et le Rhum en tête !

« Nous nous connaissons bien depuis toutes ces années où nous naviguons ensemble » explique Miranda. « C‘est une force. Mais le niveau de la flotte, tant côté marins que bateaux, a énormément progressé. Il reste peu de places pour ce qu’on appelle « les jolis coups techniques » qui font la différence. Ce sera ma 5ème participation et cette course me tient à coeur. Mais pour être honnête, c’est déjà la Route du Rhum, que je disputerai en solo l’an prochain à bord de notre cher Campagne de France, que j’ai à l’esprit. Je compte beaucoup sur cette transat pour progresser toujours et encore dans la connaissance du bateau, et pour m’approprier les domaines qui jusqu’alors étaient surtout l’apanage d’Halvard, dans le réglage des pilotes automatiques par exemple… »

Class40 Campagne de France : plan Mabire /Nivelt 2016

Champion du RORC 2017 catégorie Class40 – Double vainqueur de la Transat Québec Saint Malo 2008 et 2012

Halvard Mabire : 61 ans, 2ème participation

Miranda Merron, 48 ans, 5ème participation

Actuellement 2ème du classement 2017 des Class40 derrière Imerys (Phil Sharp)

Photos : Jérôme Bergot – Jean Marie Liot

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